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La longue histoire de la ville du moule commence aux environs de 4oo ans avant J-C avec la présence matérialisée sur le territoire des premiers amérindiens. Cette occupation amérindienne se poursuivra jusqu’à 1200 ans après J-C avec les descendants d’un groupe identifié comme étant les arawaks.

A la fin du 17e siècle, la région nord de la Grande terre n’était pas encore habitée. Dans le courant des années 1680, le site du Moule apparut comme propice. Le Gouverneur de la Guadeloupe envoya une expédition afin de lancer le peuplement de cette partie de la Grande-Terre. La tradition rapporte qu’un irlandais du nom de Mool aurait dirigé le convoi et donné son nom au quartier. Par analogie, une autre hypothèse concernant l’origine du nom du Moule, pourrait être une déformation du terme « môle » qui désigne une jetée ou un embarcadère.

C’est sur ce dernier site qu’un bourg se constitua, à l’endroit actuel du quartier dit « de l’autre bord ». Une église fut construite, dédiée à Saint-Jean-Baptiste. La grande prospérité économique du quartier entraîna un accroissement significatif de la population qui tripla en moins de 20 ans .

La culture de la canne à sucre avait connu, dès le 18e siècle, un grand essor dans la région et il se posa rapidement le problème de l’exportation des sucres. En 1810, une première tentative d’ouverture du port au commerce extérieur avait été faite, mais Pointe-à-Pitre ne voyait pas d’un bon œil cette autonomie. Après une lutte d’influence qui dura plus de 18 années entre les deux ports, celui du Moule acquit enfin, en 1828, le droit définitif de pouvoir exporter les denrées coloniales, et plus particulièrement les sucres, sans les faire passer par la Pointe-à-Pitre. En dépit d’un accès dangereux dû à la présence de nombreux récifs qui limitaient l’accès aux bateaux à faible tirant d’eau, cette indépendance commerciale marqua le début de l’essor de l’activité portuaire et l’âge d’or de la ville du Moule, seul port donnant directement sur la façade atlantique de la Guadeloupe.

Le début des années 1840 est marqué par quelques autres grands travaux qui sont engagés, tels la reconstruction du pont sur la rivière d’Audouin en 1840, ou celle d’un abattoir, inauguré en 1842 et faisant aussi office de boucherie et de poissonnerie.

Cependant, le tremblement de terre du 8 février 1843, qui entraîna la destruction presque totale de la ville, marqua un frein général au développement.

La reconstruction de la ville s’amorça rapidement.

La seconde moitié du XIX siècle est marquée par le développement de la ville. A la fin des années 1830, le gouverneur vend de concessions de terrains dans la partie nord de la ville, au quartier dit des Nègres Libres.

L’un des fais les plus marquant de cette fin de siècle reste néanmoins le grand incendie qui survint le 15 novembre 1874. Le manque d’eau empêcha les habitants de lutter contre les flammes. Les dégâts furent énormes : plus de 110 maisons entièrement consumées, principalement dans le quartier de la « petite Anse », jusqu’à la place centrale et probablement au-delà de la rue Saint-Jean vers le sud.

La fermeture du port au commerce au début du 20e siècle et la crise du sucre de 1920, précipita l’émigration de la bourgeoisie blanche vers la Basse-Terre, où les postes administratifs offraient des perspectives de travail plus attrayantes. La ville du Moule entamait donc déjà un déclin inexorable lorsque le cyclone de 1928 ravagea la ville.

Le second quart du 20e siècle est marqué par l’introduction du béton armé en Guadeloupe. Le Moule n’échappa pas à cette innovation. En effet, dès 1927, une nouvelle mairie en béton avait été inaugurée. Au Moule, les commandes passées par la municipalité auprès de l’architecte métropolitain Ali TUR s’échelonnèrent entre 1931 et 1933 ; C’est à la fin des années 1960 que le nouveau pont sur la rivière d’Audouin fut construit, en remplacement de celui en bois qui avait été détruit par le passage d’un cyclone.